Nenhuma carta de amor é ridícula

Todas as Cartas de Amor são Ridículas

Todas as cartas de amor são 
Ridículas. 
Não seriam cartas de amor se não fossem 
Ridículas. Também escrevi em meu tempo cartas de amor, 
Como as outras, 
Ridículas. As cartas de amor, se há amor, 
Têm de ser 
Ridículas. Mas, afinal, 
Só as criaturas que nunca escreveram 
Cartas de amor 
É que são 
Ridículas. 

Quem me dera no tempo em que escrevia 
Sem dar por isso 
Cartas de amor 
Ridículas. 

A verdade é que hoje 
As minhas memórias 
Dessas cartas de amor 
É que são 
Ridículas. 

(Todas as palavras esdrúxulas, 
Como os sentimentos esdrúxulos, 
São naturalmente 
Ridículas.) 

Álvaro de Campos, in “Poemas”  (Fernando Pessoa)

Ao reler o poema, lembrei aquelas cartas de amor, febris, desajeitadas, ridiculamente transparentes, a exibir um coração latejante, a mostrar a torpeza dos meus quinze anos, dos meus dezanove anos, dos meus quarenta anos…
Porque, eu, não preciso voltar a vista muito atrás para lembrar tempos em que escrevia cartas de amor, porque ainda hoje escrevo cartas de amor, às vezes poemas, à vezes jorros desconexos, como cada movimento levado pela paixão que por ventura não se apagou, não se consumiu, não se consumou.

Concordo em que só quem nunca escreveu cartas de amor é que é ridículo, como quem (já) não escreve cartas de amor porque a razão, que ocupa tudo naqueles que são ridiculamente sérios, ganhou a batalha : isso é o que acontece quando as memórias, as lembranças, que temos das cartas de amor de um tempo passado (que pode ser ontem mesmo) nos aparecem ridículas.

Não tenha medo ao ridículo, escreva cartas de amor, porque mais ridículo é guarda-las para si, ou nunca ter a necessidade ou a oportunidade de escrevê-las!

Venha, não seja ridículo!

 

 

 

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Une puritaine énervée

On ne m’avait jamais traitée de puritaine. De “coincée” oui, quelques fois, quand j’étais jeune, de “salope” aussi quand je ne voulais pas coucher (ben oui, voyons…), pas de puritaine. Mais en lisant des extraits de la tribune signée par Millet, Robe-Grillet, Deneuve, etc., je me suis soudain sentie montrée du doigt comme une prude mal baisée qui ne saurait pas faire la différence entre des avances “maladroites” ou “persistantes” et des gestes déplacés, des propos dégueulasses, des insultes en somme !

Car lorsqu’on m’a demandé combien je prenais dans la rue, je l’ai pris comme une insulte parce que je suis une pauvre puritaine. Quand un baveux m’a sifflé de l’autre trottoir, je me suis sentie comme une chienne parce que je suis une puritaine, quand le porc restait devant la salle de bain, bras croisés pour qu’au passage je (et toutes celles qui allaient aux toilettes) frôle mes seins sur ses mains, je me suis sentie forcée parce que je suis une puritaine. Bien sûr, ce n’étaient pas des viols et je n’aurait pas porté plainte pour ça. mais je vous assure que ça fout pas mal les boules ! Et tout ça n’est que la version rose, la light, car vous imaginez bien que, comme toutes les femmes, j’ai eu à subir pire… De la main qui se pose sur tes fesses, au gars qui s’exhibe sous son imperméable, à … mais là n’est même pas la question.

Si je faisais ça, imaginez un peu: gueuler à pleins poumons dans la rue “Eh, beau gosse, tu demandes combien ?” ou “Oh, putain, c’que t’es baisable !”, si je mettais ma main sur la braguette d’un inconnu sans préavis, sans ACCORD de sa part, vous imaginez ? Et bien, selon Millet et ses complices, je serais en train d’exprimer simplement mon désir, en train de draguer, quoi !

J’ai fait cette réflexion il y a quelques jours et certains hommes de mon entourage m’ont fait comprendre que c’était leur fantasme, qu’une inconnue se frotte à eux dans le métro, leur fasse des avances. Ben voyons… Si la femme en question avait quatre-vingts ans, ou était un laideron, diraient-ils la même chose ? Ou si c’était un homme, alors qu’ils sont hétérosexuels ? C’est comme quand ils parlent de trio, ils ne pensent pas à deux hommes et une femme, bien évidemment !

Puritaine…

Je lis : : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle ».

Depuis quand le harcèlement sexuel est-il une manifestation de la liberté sexuelle ? Malgré l’euphémisme “d’importuner”, vous ne me la faites pas ! Pourquoi confondre le ras-le-bol face à ces situations, malheureusement quotidiennes, avec une espèce de castration de la masculinité, voire avec un sentiment anti-masculin ? Anti-macho, je veux bien, et encore…

Et encore : “Nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité”.

Là, je duis d’accord, moi non plus je ne me reconnais pas dans ce, quoi déjà ? Parce qu’il ne s’agit pas DU FÉMINISME, là, mais d’autres chose. Et s’il y a des excès, ils sont tellement minimes que ce serait comme dire “Il y a aussi des hommes maltraités”, quand on parle de la maltraitance féminine ;  bref, cela s’appelle de la démagogie. On aime les hommes, et on veut qu’ils soient tous aussi féministes que nous (ils ont beaucoup à y gagner, d’ailleurs, mais c’est un autre débat.)

Non, mesdames, on dénonce ce qui nous gave, simplement ou on dénonce le fait de ne pas pouvoir s’habiller comme on veut, rentrer seule, prendre un verre seule, dire non et être entendue dès la première fois, sans parler, évidemment, des faits plus graves.

Puis cette perle lue quelque part…

“Il y a d’autres femmes qui n’en font pas une maladie à vie” de l’écrivaine, psychologue et psychanalyste, Sarah Chiche. Super, venant d’une psychologue ! Alors, si je comprends bien, sous couvert que d’autres femmes puissent vivre avec ça sans faire de vagues, les autres femmes devraient se taire et vivre comme si de rien n’était ? Intéressant pour une psychologue…

Je n’ai pas besoin de continuer à justifier pourquoi cette tribune est une insulte aux femmes qui luttent depuis des siècles pour la cause féminine, les droits de la femme et, en somme, le droit de “ne pas être importunées”.

 

Bien sûr qu’elles ont de quoi se plaindre

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Ce n’est pas qu’on n’entende pas parler de féminisme, des droits de la femme, etc. assez souvent (c’est quand assez souvent, au fait?), ce n’est pas que je trouve que la lutte pour les droits de la femme ne soit pas habituellement en première, surtout dans les réseaux sociaux – bien moins dans les médias conventionnels, malheureusement-, et ce n’est pas qu’aujourd’hui on soit le 25 novembre ou le 8 mars.

C’est justement, d’ailleurs, parce qu’aujourd’hui est un jour quelconque, où des milliers de femmes, de jeunes filles, seront soit dominées, soit humiliées, soit menacées, soit battues, soit mutilées, soit violées, soit incarcérées, soit assassinées.

Aucune exagération. Dans le monde, il ne fait pas bon naître femme, ça, on le sait, mais n’allez pas croire que les pays du “premier monde” aient de quoi se sentir fiers. En France, plus de cent femmes sont assassinées par leur conjoint ou ex par an. Plus de 75.000 sont agressées sexuellement, mais ce n’est pas de ça que je veux parler aujourd’hui…

Ce qui dépasse mon entendement, vraiment, c’est d’entendre ou de lire des réflexions du type : ” Elles ont plus de droits qu’avant “, ” Elles le méritent parfois ” (Ah celle-là…), ” Il y a aussi des hommes victimes de maltraitance “, ” De quoi elles se plaignent ? ” et un long etcetera.

Bien, j’ai grandi au sein d’une fratrie de cinq hommes et, bien sûr, le poids du machisme qui règne encore, qui ressurgit même très violemment a bien pris en moi et en mes frères. Interdite de jouer au foot, de sortir à l’âge où eux sortaient, de m’habiller comme bon me semblait, obligée à faire des tâches “de femme”, c’est très jeune que j’ai compris que naître homme était une chance. J’ai même désiré de toutes mes forces être un garçon.

Plus tard, étant femme, ça n’a pas beaucoup changé, la pression sociale est énorme : une femme se doit, encore, de se marier ou trouver un père à ses enfants, procréer, suivre son conjoint, s’occupper de la famille, la maison, être douce, compréhensive, ne pas vivre une vie “dissolue” – observez combien de rockstars masculins contre les rockstars féminines, vite jugées de putes – rester en retrait, ne pas sortir de ses gongs sous peine de passer pour une hystérique, préférer son rôle de maman à une carrière, voir comme ses propre collègues féminines les étiquètent d’arrivistes ou douter d’une promotion canapé lorsqu’elles parviennent à des hauts postes, chose rare. Voir qu’il y a toujours des emplois “pour les hommes”, se voir rémunérées en fonction de si elles ont un vagin ou un pénis…

La liste serait si longue, que vous seriez déjà en train de dormir vers la moitié. Bien sûr, la priorité, le plus grave, ce sont ces assassinats, violations, violences, mutilations, agressions en tous genres, mais réfléchissons à chaque injustice faite pour la seule raison d’être née avec deux chromosomes X. Dès lors, vous verrez bien qu’en effet, les femmes ont encore de quoi se plaindre !

Benvida / Bienvenida / Bem-vinda / Bienvenue

Neste primeiro “post”, só vos digo o que atoparedes aquí: reseñas, textos meus ou que me emocionen, reflexións sobre os libros que estou lendo, sobre a actualidade… E non podía ser doutra maneira, tentarei levalo nas catro linguas que comparto coas miñas lectoras e cos meus lectores.

Grazas por estar dese lado!

 

En este primer “post”, solo os digo lo que encontraréis aquí: reseñas, textos míos o que emocionen, reflexiones sobre los libros que estoy leyendo, sobre la actualidad… Y no podía ser de otra manera, tentaré llevarlo en las cuatro lenguas que comparto con mis lectoras y lectores.

¡Gracias por estar de ese lado!

 

Neste primeiro “post”, só lhes digo o que encontrarão aqui: resenhas, textos meus ou que me comovem, reflexões sobre os livros que estou a ler, sobre a atualidade… E não podia ser de outra forma, tentarei levá-lo nas quatro línguas que partilho com as minhas leitoras e os meus leitores.

Obrigada por estar desse lado!

 

Dans ce premier “post”, je vous dirai simplement ce que vous trouverez ici : des comptes rendus, des textes à moi ou qui m’auront émue, des réflexions sur les livres que je lis, sur l’actualité… Et, c’est inévitable, j’essaierai de le faire dans les quatre langues que je partage avec mes lectrices et lecteurs.

Merci d’être de l’autre côté !