Bien sûr qu’elles ont de quoi se plaindre

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Ce n’est pas qu’on n’entende pas parler de féminisme, des droits de la femme, etc. assez souvent (c’est quand assez souvent, au fait?), ce n’est pas que je trouve que la lutte pour les droits de la femme ne soit pas habituellement en première, surtout dans les réseaux sociaux – bien moins dans les médias conventionnels, malheureusement-, et ce n’est pas qu’aujourd’hui on soit le 25 novembre ou le 8 mars.

C’est justement, d’ailleurs, parce qu’aujourd’hui est un jour quelconque, où des milliers de femmes, de jeunes filles, seront soit dominées, soit humiliées, soit menacées, soit battues, soit mutilées, soit violées, soit incarcérées, soit assassinées.

Aucune exagération. Dans le monde, il ne fait pas bon naître femme, ça, on le sait, mais n’allez pas croire que les pays du “premier monde” aient de quoi se sentir fiers. En France, plus de cent femmes sont assassinées par leur conjoint ou ex par an. Plus de 75.000 sont agressées sexuellement, mais ce n’est pas de ça que je veux parler aujourd’hui…

Ce qui dépasse mon entendement, vraiment, c’est d’entendre ou de lire des réflexions du type : ” Elles ont plus de droits qu’avant “, ” Elles le méritent parfois ” (Ah celle-là…), ” Il y a aussi des hommes victimes de maltraitance “, ” De quoi elles se plaignent ? ” et un long etcetera.

Bien, j’ai grandi au sein d’une fratrie de cinq hommes et, bien sûr, le poids du machisme qui règne encore, qui ressurgit même très violemment a bien pris en moi et en mes frères. Interdite de jouer au foot, de sortir à l’âge où eux sortaient, de m’habiller comme bon me semblait, obligée à faire des tâches “de femme”, c’est très jeune que j’ai compris que naître homme était une chance. J’ai même désiré de toutes mes forces être un garçon.

Plus tard, étant femme, ça n’a pas beaucoup changé, la pression sociale est énorme : une femme se doit, encore, de se marier ou trouver un père à ses enfants, procréer, suivre son conjoint, s’occupper de la famille, la maison, être douce, compréhensive, ne pas vivre une vie “dissolue” – observez combien de rockstars masculins contre les rockstars féminines, vite jugées de putes – rester en retrait, ne pas sortir de ses gongs sous peine de passer pour une hystérique, préférer son rôle de maman à une carrière, voir comme ses propre collègues féminines les étiquètent d’arrivistes ou douter d’une promotion canapé lorsqu’elles parviennent à des hauts postes, chose rare. Voir qu’il y a toujours des emplois “pour les hommes”, se voir rémunérées en fonction de si elles ont un vagin ou un pénis…

La liste serait si longue, que vous seriez déjà en train de dormir vers la moitié. Bien sûr, la priorité, le plus grave, ce sont ces assassinats, violations, violences, mutilations, agressions en tous genres, mais réfléchissons à chaque injustice faite pour la seule raison d’être née avec deux chromosomes X. Dès lors, vous verrez bien qu’en effet, les femmes ont encore de quoi se plaindre !

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